Maxime B poèmes chat noir

1 Ton absence m’entoure et dans mon esprit sème Mille manques et plus qui disent que je t’aime ; Quand je m’allonge dans mon lit, tout mon désir T’appelle, et puis résonne, et revient me saisir, Chargé du souvenir des heures que, couchés L’un contre l’autre, et de l’amour que l’on a fait, Je reprise en rêvant, puis quand le soleil gomme Le vague de mes rêves, alors, mon esprit comme La mer, est tour à tour agité puis serein : C’est pourquoi, mon amour, je ne cherche plus rien Que le rêve et l’espoir dans nos doux souvenirs, Et que je veux te voir très vite revenir. 2 Sous tes lèvres plissées mes lèvres te répondent, Répandent sur ton cou comme un cercle dans l’onde, Et t’embrassant j’échoie de seconde en seconde, De ton col à tes seins, puis de leur forme ronde, Je suce le fruit rose et tendre insolemment. Je bois de tes yeux bleus tout le gris d’un alcool, Et les replis pourprés de ta peau pleur’ et volent, Je crois, quand je les touche avec mes doigts d’amant. Puis la cambrure arquée de tes reins, quand ta croupe, Tendue, contre mon corps se pose et soudain vibre, Comme dans la tempête on frissonne à la poupe, Ou d’autres par moment dans le secret d’un livre. Il ne te reste alors qu’à dompter de tes charmes, Si tu le veux, l’offrande effarée de mes armes. 3 Tu m’as fait, mon amour, si différent des hommes ! Le jour est désormais plus sombre que la nuit, Puisque sans ta pensée lascive, je m’ennuie Et que la nuit je rêve aux amants que nous sommes. Les cacophonies dues à la journée m’assomment, Et les pensées soudain qui te cherchaient me fuient ; Ma raison s’est éteinte et mon désir aussi, Et ma chanson ne vit que lorsque je te nomme. Reviens-moi vite alors, ma chère vagabonde, Qu’enfin ton petit coeur à mon coeur gros réponde, Au lieu du souvenir fuyant qui m’accompagne. Je me cherche en moi-même et crois trouver là-bas Mon coeur et ma raison, mon âme en Allemagne, Car tu t’y trouv’, Anna, et que je n’y suis pas. 4 Sur ton corps imitant l’azur, Mes doigts d’astrolabe mesurent Et sans plus attendre, L’écart de tes grains de beauté, Ciel du pays où j’ai fauté Aux vallons du tendre. Et je vagabonde ici pour Oublier les pâleurs du jour, Puisque les rayons Blancs de ton corps, comme la lune, Câlinent à part ta toison brune Et tes cheveux blonds. Assoupi, comme sur le sable D’une dune, j’entends les fables Peintes de ton coeur, Et qui vont envoûtant l’essaim Des baisers posées sur tes seins, Pleins d’une langueur Qui s’égare à travers ton cou, Et soupire là, sur ta joue. Et j’aurais encore, Anna, mille métempsycoses Pour y méditer, mais je n’ose Pas voler ton corps.

#lecul

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