Traité sur la danse par le Professeur Alphy


Il sera évident pour les lecteurs et lectrices du Chat Noir que nous avons pris, mon équipe et moi même, ce sujet très au sérieux. Cependant, si de nouveaux yeux venaient à se poser sur cette rubrique, sachez que vous trouverez ici un condensé de plusieurs mois d’études approfondies, menées avec la méthodologie admise par la communauté scientifique.

Toutefois, nous tenons à préciser que de nombreuses soirées ont été nécessaires pour mener à bien cette étude et qu’elles ne résultent que de notre volonté de vous fournir les données les plus exactes possibles. Pardon.


Chapitre 1 : Tentative de définition de la danse.


Professeur Alphy – Mardi – 3h17 : “C’est quand ça bouge”. Cette analyse vous semblera probablement succincte, peut-être même aurez- vous le sentiment que l’on se moque de vous. Cependant, nos études étymologiques tendent à prouver que l’origine de ce mot trouverait sa racine dans le mot tendere qui signifierait “tendre”. Le Professeur Alphy, même à des heures tardives et sous l’emprise de substances qu’il nous reste encore à analyser, aurait donc mis le doigt sur une définition qui nous semble plus appropriée et bien plus logique.


Chapitre 2 : Origines de la danse


Nos équipes travaillent depuis quelques années maintenant à vous rendre ce traité. Et, après de nombreuses recherches et fouilles financées par l’Administration du Chat Noir, c’est en Creuse que notre équipe a faite les plus grandes découvertes. Sur un site que nous tiendrons secret, nous avons retrouvé les origines de la danse. Dans un village que nous avons pu dater précisément, il y a très longtemps, une tombe d’une célébrité locale a pu nous renseigner avec la plus grande exactitude sur les origines de la danse. Un certain Kévin, à en croire les peintures ornant sa sépulture, se serait assis, un jeudi, par terre, au milieu du village pour prendre une pause. C’est alors que le derrière le démange fortement et il se releva d’un coup. S’agitant dans tous les sens, ses congénères arrêtèrent leur activité et s’approchèrent pour le regarder. Les mouvements de Kévin qui se faisaient toujours plus brusques ne signifiaient pas grand-chose et même les quelques individus qui maîtrisaient déjà le langage des signes n’y voyaient aucune interprétation correcte. Même l’ancien du village, une femme d’un âge avancé ne savait pas comment répondre à cette gesticulation. Afin de ne pas paraître idiote, elle commença alors à l’imiter et à se tortiller dans tous les sens. Par un phénomène comportemental bien connu des sociologues, les autres membres de la tribu se mirent toutes et tous à faire de même. C’est alors que tout un village se tortillait et bougeait dans tous les sens sans trop savoir pourquoi. Kévin, lui, avait enfin fini de se débarrasser des fourmis sur lesquelles il s’était assis et regardait sa tribu. À son tour, pour ne pas paraître idiot (phénomène comportemental) il imita ses semblables. C’est ainsi qu’est née la danse.


Chapitre 3 : Application


Après avoir rapporté ici cette découverte fondamentale, nous allons poursuivre notre réflexion, toujours en nous appuyant sur nos recherches véridiques et incontestables afin de déterminer l’application concrète que l’on a attribuée à ce phénomène social : la danse.

Quelques années après la mort de Kévin, le “bouger” qui n’était pas encore la “danse” mais allait s’en rapprocher à grand pas. Et c’est à la cour de Louis XIV, grand amateur de “bouger”, que les choses allaient prendre forme et plus précisément lors d’une soirée donnée en l’honneur de Lully que le roi avait pour habitude d’appeler “mon JB”. Lully avait répété toute la journée avec ses musiciens et était fatigué. Cette soirée était une corvée et il décida de se faire porter pâle. Les musiciens prévus pour la soirée furent alors complètement déboussolés et commencèrent à jouer de manière désordonnée. Devenus fous par le bruit atroce que faisaient les musiciens, les nobles commencèrent à se battre et s’entretuèrent. Le roi, qui aimait pourtant les femmes, s’inquiéta de la tâche qui l’attendait. Il ne pouvait raisonnablement repeupler son pays. Il rappela donc Lully en urgence.

Lully, en pyjama et forcément énervé d’avoir quitté son lit, decendit les escaliers et aurait dit, selon des sources sûres, sur le chemin qui le menait à la salle de réception : “Dans ce cas…” et il se mit à battre ses musiciens avec sa canne. Les nobles, subjugués par sa force et son agilité commencèrent à l’imiter. Bientôt la “danse” avait fini de s’installer et venait de remplacer les combats. Les nobles, pour montrer leurs talents, ne devaient plus se battre mais coordonner leurs mouvements sur le rythme qu’imposait Lully à coup de bâton.


Voici donc comment la danse est née et si vous ne le saviez pas maintenant vous le sachez.


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